Essor et perspectives de la sidérurgie en Algérie

Des investissements massifs dans les infrastructures le logement et les transports ont entraîné une forte augmentation des besoins nationaux en produits sidérurgiques, qui ont rapidement dépassé les capacités locales, l’Algérie veut maintenant reprendre les choses en main et réduire sa dépendance à l’import.

État des lieux

En 2014, la production sidérurgique nationale de l’Algérie était essentiellement faite par deux grandes aciéries, une à El Hadjar, co-détenue conjointement par le sidérurgiste public Sider (51%) et la société luxembourgeoise ArcelorMittal (49%), d’une capacité de 2 millions (Théorique). tonnes par an. Cependant, en raison  de sous-investissements persistants, la production a régulièrement baissé, passant de 1,3 million de tonnes en 2007 à 300 000 tonnes en 2014. La deuxième usine  gérée par Tosyali  Algérie, filiale du groupe turc Tosyali Holding. Situé près d’Oran,  a démarré ses activités en 2013 et dispose d’une capacité de production de 1,25 million de tonnes d’acier liquide par an. À ce titre, avec une production estimée à 1,5 million de tonnes en 2014, la production nationale d’acier brut n’a jusqu’à présent pas été en mesure de répondre à la demande intérieure en croissance rapide.

Perspectives

Cependant, les efforts des autorités pour stimuler la production locale ont commencé à porter leurs fruits en 2015, avec une série de nouveaux investissements en cours de concrétisation. En juin 2015, Tosyali a inauguré une deuxième usine de production d’acier à Bethioua, près d’Oran, qui devrait produire 700 000 tonnes de fil machine par an, soit 45% des importations annuelles. En outre, la société construit une troisième unité de production d’acier, dont l’achèvement est prévu pour 2017. Sa capacité annuelle prévue est de 2,5 millions de tonnes. L’investissement total de 1,6 milliard d’euros est prévu pour augmenter la production de Tosyali en Algérie à 4 millions de tonnes de produits en acier d’ici 2017.

 

En juin 2015, le groupe industriel italien Danieli et Algeria Qatar Solb (une coentreprise détenue à 51% par la société publique algérienne Sider et à 49% par Qatar Steel) ont signé un partenariat pour la construction d’un nouveau complexe 1,8 Md €. Les installations, qui comprennent deux aciéries et trois laminoirs, devraient produire 2 millions de tonnes d’acier dans une première phase, avant de doubler la production à 4 millions de tonnes d’ici 2019.

l’Algérie veut egalement saisir l’opportunité de sécuriser et de consolider sa chaîne d’approvisionnement locale en développant sa production de minerai de fer domestique à Tindouf. A cette fin, Feraal – une nouvelle entité co-détenue par Sider, Manal et Sonatrach – sera chargée de la production de minerai via l’exploitation des grands gisements de fer de Gara Djebilet et Mecheri Abdelaziz.

 

Mi-2015, ArcelorMittal a transféré l’intégralité de sa participation minoritaire dans ArcelorMittal Algeria, ArcelorMittal Tébessa et ArcelorMittal Pipes & Tubes Algeria à l’État algérien dans le cadre de sa stratégie régionale visant à rationaliser son portefeuille d’actifs. Quant au complexe El Hadjar, il devrait reprendre sa production en 2015, sous l’impulsion d’un nouveau plan de développement de 920 millions d’euros visant à moderniser les infrastructures existantes. Le projet vise à atteindre une production de 2 millions de tonnes d’ici 2017, selon le ministère de l’Industrie et des Mines. Une fois achevés, tous ces développements devraient aboutir à une capacité de production d’acier supplémentaire de 6 millions de tonnes d’ici 2017, ce qui permettra à l’Algérie de couvrir 100% de ses besoins en produits sidérurgiques et de devenir autosuffisants d’ici 2019. Ces développements ont eu un effet d’entraînement immédiat sur la balance commerciale, les importations d’acier et de fer ayant chuté de 30,64%, passant de 1,4 milliard d’euros en 2014 à 990 millions d’euros sur les dix premiers mois de 2015.