L’Algérie lance un appel d’offres solaire de 150 MW

La Commission  de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) a lancé le 18 novembre un appel d’offres pour la construction de plusieurs centrales photovoltaïques d’une capacité combinée de 150 MW dans le sud-ouest de l’Algérie

Dans le cadre de cet appel d’offres, le gouvernement algérien sélectionnera des projets solaires IPP (Producteurs indépendants d’électricité) d’une puissance allant de 10 à 50 MW. Les projets seront développés avec l’approche Build-Own-Operate (BOO) et seront situés dans la partie sud-ouest du pays. Les règles relatives au contenu domestique imposent l’utilisation de modules solaires assemblés en Algérie, ainsi que de structures de montage et de câbles fabriqués localement.

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Les projets, qui doivent avoir une plage de puissance de 10 à 50 MW, seront développés selon l’approche Construire – Posséder – Exploiter (BOO) et se verront attribuer un CAÉ (Contrat d’acht d’électricité) de 20 ans. Environ 50 MW de capacité seront déployés à Guerara, dans la région de Ghardaïa, tandis que 50 autres seront situés à Diffel, dans la région de Biskra. En outre, la région de Ouargla hébergera trois installations de 10 MW dans les municipalités de Meggarine, Nezla et Belhirane, tandis que la région d’El Oued verra le déploiement de deux centrales solaires de même taille à Tendala et à Nakhla.

Les développeurs intéressés auront jusqu’au 19 février 2019 pour soumettre leurs propositions de projet. Les entités privées et publiques locales seront autorisées à participer au processus d’enchères inversées dans des consortiums avec des acteurs étrangers dans le cadre d’un projet de coentreprise 51/49.

Dans une déclaration au magazine pv, le président de l’association algérienne de l’énergie solaire, Club Energia (branche de FCE), et le directeur général de Tell Group, Mouloud Bakli a expliqué que les offres doivent être soumises avec un LCOE basé sur le prix DZD / kWh et que les consortiums IPP peuvent être des véhicules d’investissement (SPV) pouvant soumissionner avec un investisseur algérien. Il a également confirmé que l’appel d’offres incluait des règles relatives au contenu local pour les modules, les structures de montage et les câbles, tous les soumissionnaires devant se procurer localement les composants de la chaîne d’approvisionnement déjà disponibles.

La plupart des usines de modules existantes et à venir en Algérie seront capables de produire les dernières technologies disponibles sur le marché, notamment des panneaux à double vitrage, mono-PERC et bifaciaux, selon Bakli. Hormis les cellules solaires, la plupart des composants photovoltaïques, y compris le verre, les boîtes de jonction, les cadres en aluminium et les films transparents seront fabriqués dans le pays, a-t-il ajouté. «Il existe actuellement une base solide et en pleine croissance pour la fabrication de produits solaires en Algérie. Nous estimons qu’environ 500 MW de capacité d’assemblage de modules solaires seront opérationnels dans le pays d’ici le second semestre de 2019 », a déclaré Bakli au magazine pv en mai. «Nous avons également plusieurs sociétés qui lancent des usines de structures de montage de bonne qualité, dont certaines dans le cadre de projets de coentreprises», a-t-il ajouté.

Les inverseurs devront toutefois toujours être importés comme dans la plupart des marchés photovoltaïques émergents. «Nous ne pensons pas que la fabrication locale présente une énorme valeur ajoutée à ce stade de notre adoption et de notre volume de systèmes photovoltaïques dans le pays», a-t-il également affirmé.

Le gouvernement algérien avait approuvé cet appel, ainsi qu’un autre appel d’offres de 50 MW pour le développement de projets hybrides gaz / diesel et solaires hors réseau début juin. Le deuxième appel d’offres, qui sera lancé par Sonelgaz, son fournisseur d’alimentation en gaz et en électricité, a pour objectif de réduire considérablement le coût des centrales de production d’énergie existantes dans le sud de l’Algérie, principalement à base de combustibles fossiles. Il aura également des exigences en matière de contenu local comme celles incluses par la CREG dans l’appel d’offres de 150 MW publié le 18 novembre.

Les deux appels d’offres font partie du plan du pays visant à déployer une capacité de production d’énergie renouvelable de 22 GW d’ici 2030, dont 13,6 GW de PV.