Naval Group: Lancement du sous-marin d’attaque nucléaire Suffren à Cherbourg

Le constructeur naval français Naval Group a lancé le sous-marin d’attaque nucléaire Suffren à Cherbourg sous le regard du président Emmanuel Macron, a rapporté Defensenews.com.

La compagnie devrait livrer le bateau à la marine française au début de l’année prochaine pour des essais en mer au cours de 2020. Les représentants de l’industrie et du gouvernement ont reconnu qu’ils respectaient un calendrier serré, mais ils étaient confiants quant à la réussite de tous les tests et travaux d’intégration requis avant le début des travaux. Le bateau peut être accepté par les services de la mer comme étant opérationnel, a indiqué le rapport.

Le groupe naval a déclaré que le Suffren était très discret et pouvait tirer des missiles de croisière sur des cibles lointaines. Le responsable du programme de la société, Vincent Martinot-Lagarde, a comparé la signature acoustique du bateau au «son de l’océan» ou au bruit causé par la crevette.

La France souhaite acheter six exemplaires de la classe Barracuda, avec les cinq futurs sous-marins nommés Duguay-Trouin, Tourville, De Grasse, Rubis et Casablanca. Tous les navires sont à divers stades de production dans les installations du Groupe Naval dans cette ville côtière normande, ont indiqué des responsables. La durée de vie de la classe de sous-marins devrait s’achever dans les années 2060.




Le programme s’élève à 9,1 milliards d’euros (10,2 milliards de dollars US), sans l’entretien. La loi de programmation militaire de six ans couvrant les années 2019 à 2025 reflète un engagement à financer intégralement l’ensemble de la classe. Le contrat à prix forfaitaire inclut tous les coûts liés à l’acquisition, ce qui signifie que le groupe Naval est sur le point de supporter des dépassements de coûts, selon François Pintart, directeur des opérations à la Direction générale de l’armement, la branche acquisition de l’armée française.

Interrogé sur les points faibles potentiels du programme susceptibles d’augmenter le prix final, M. Pintart a répondu: «C’est leur problème, pas le mien. »

Macron a visité l’intérieur du bateau avec les dirigeants de la compagnie et la ministre des Forces armées françaises, Florence Parly, peu avant midi. Il est apparu au bout d’une heure environ pour pousser un levier de lancement cérémonieux aux côtés de deux ouvriers de l’usine et de deux membres de l’équipage du bateau, en lançant une installation vidéo sur les deux côtés du bateau censée évoquer les sons et les images de l’immersion.

Le président a qualifié le lancement du Suffren d’événement clé dans la modernisation de la flotte navale française. «Vous construisez l’indépendance de la France», a-t-il déclaré aux travailleurs de l’usine. « C’est notre statut même de grande puissance mondiale. »

Macron a promis de maintenir les budgets militaires futurs suffisamment élevés pour financer des projets de modernisation de signatures dans les autres services, y compris le programme Scorpion de l’Armée de terre, la modernisation de l’avion de combat Rafale de la Force aérienne et, plus tard, le système de combat aérien futur.

Même si le Suffren et ses frères ne possèdent pas d’armes nucléaires, les responsables considèrent que ces navires font partie intégrante de la dissuasion nucléaire française. C’est parce que l’une des missions principales des Barracudas est de protéger les plus grands sous-marins balistiques nucléaires qui se cachent dans les océans.

Selon le Cmdr. Vincent Vacqué, responsable du programme Barracuda de la marine, «un ou deux» des nouveaux sous-marins d’attaque sera associé à un sous-marin nucléaire balistique de la classe Triomphant, dont la France en a quatre.

En outre, les bateaux ont pour objectif de protéger les formations navales clés engagées dans des opérations, notamment le porte-avions français Charles de Gaulle.

Le troisième rang de la liste de missions comprend une vaste catégorie allant de la collecte de renseignements à la livraison secrète d’équipes de plongeurs de combat à leurs lieux de travail dangereux. À cette fin, le contrat avec le Groupe Naval comprend la livraison de deux abris à pont sec, qui peuvent être montés sur les bateaux pour transporter du matériel des forces spéciales ou, éventuellement, des véhicules sous-marins sans équipage pour une remise à l’eau.

Le commandant de la marine française, Christophe Prazuck, a fait l’éloge des capacités de combat du nouveau sous-marin, qualifiant celui-ci de « bébé » depuis longtemps. « Ce n’est pas juste un sous-marin de patrouille », a-t-il déclaré. « C’est un chasseur. »

Les sous-marins de la classe Barracuda pourront rester en mer 70 jours à la fois, contre 45 jours pour les sous-marins de la classe Rubis qu’ils sont censés remplacer, selon Naval Group. Bien que la date exacte de l’alimentation du réacteur nucléaire par Suffren soit classifiée, les responsables s’attendent à ce que cela se produise après l’été.

Dominique Trinquand, expert de la défense, a déclaré que les nouveaux sous-marins présentaient plusieurs avantages, a rapporté RFI en France.

«Ils bénéficieront à la marine française de trois manières. Premièrement, ils protégeront les porte-avions, deuxièmement, ils contribueront à la collecte de renseignements et troisièmement, renforceront la capacité de lancer des attaques depuis la mer.

« Ce sont des sous-marins d’attaque nucléaire dotés d’une nouvelle capacité à lancer des missiles de croisière d’une distance maximale de 1 000 kilomètres. »

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