Voici le nouveau plan de sortie de crise proposé par Abdelkader Bensalah

Le président par intérim algérien, Abdelkader Bensalah, s’est engagé mercredi dans un discours à tenir des pourparlers sans la participation de l’État ou de l’armée pour ouvrir la voie à des élections.

« Ce dialogue (…) sera conduit librement et en toute transparence par des personnalités nationales indépendantes crédibles qui ne sont liées à aucun parti », a-t-il déclaré dans un discours télévisé.

« L’Etat dans toutes ses composantes, y compris l’armée, ne participera pas à ce dialogue et restera neutre tout au long », a-t-il ajouté.

Le président a exhorté toutes les parties à abandonner « des exigences irréalistes susceptibles de prolonger la situation actuelle et d’entraîner notre pays dans un … vide constitutionnel ».

« Les élections présidentielles sont le seul moyen de démocratiser », a-t-il déclaré. « Les élections restent la seule solution démocratique, réaliste et raisonnable ».

Son discours intervient quelques jours avant l’expiration de son mandat intérimaire, le 9 juillet.

L’Algérie a été touchée par des mois de manifestations qui ont initialement abouti à la démission du président Abdelaziz Bouteflika, début avril, après que des dizaines de milliers de personnes se soient opposées à sa candidature pour un cinquième mandat.

Le chef de l’armée, Ahmed Gaid Salah, est devenu un agent de pouvoir clé depuis le départ forcé de Bouteflika.

Gaid Salah était un allié du président malade, mais sous la pression croissante des manifestants, il a finalement appelé à la destitution du dirigeant de longue date.

Des hommes politiques et des hommes d’affaires proches de Bouteflika – y compris les anciens Premiers ministres Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia – ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête pour corruption.

Mais les manifestants ont appelé Gaid Salah à démissionner lui-même, de même que d’autres personnalités qui, selon eux, sont souillées par leur allégeance à Bouteflika au cours de ses 20 années de gouvernement.

Ils souhaitent également la mise en place d’institutions indépendantes avant toute élection.

Une élection présidentielle déjà retardée a de nouveau été reportée au début du mois dernier à partir de la date prévue du 4 juillet, après la disqualification des deux seuls candidats ayant soumis leurs offres. Aucune nouvelle date n’a été fixée pour le vote.

Les manifestants ont exigé la mise en place d’organes de transition, libres de responsables de l’ère Bouteflika, pour faire adopter des réformes dans la perspective des élections présidentielles.

Certains membres de l’opposition disent que toute enquête sur la corruption devrait relever de la responsabilité du futur gouvernement, craignant que les factions du régime ne les utilisent pour régler leurs comptes.